5 façons de cultiver l’inattendu

Écrit par Claire | Catégorie Émotions | Publié le 03.09.2021

Et c’est comme ça que Fred a fini par envoyer les spaghetti sauce tomate en l’air, a hurlé dans tout le quartier que son bullet journal rempli des 10 habitudes qu’elle faisait chaque jour était une vraie merde et qu’elle s’est retrouvée au poste pour une consultation psychiatrique en règle.

Par manque de surprise et d’inattendu dans sa vie.

Si tu n'as pas envie de connaître l'histoire de Fred et préfère directement connaître les 5 façons de cultiver l'inattendu, tu peux y aller tout droit direct en cliquant ici.

Mais revenons en ce début de journée.

Quand Fred s’est réveillée, elle a comme à son habitude réalisé son miracle morning dans le plus strict respect des règles: thé vert aromatisé à la bergamote, stretching, lecture et méditation de 10 minutes au son des coucou et des grillons d’un soir d’été. Début de matinée assez chargée, mais elle a eu la satisfaction de cocher toutes les cases "habitudes" de son bullet journal.

Elle a juste eu le temps de finir que Clémentine, sa petite de 5 ans, se ruait vers elle pour avoir ses corn-flakes fraises licornes couleur menthe à l’eau.

S’ensuivit un rush de préparation digne des marines et des forts en gueule de Air Force One:

– Mariiiie, n’oublie pas ton pull!

– Clémentine, tu as encore mis tes bottes à l’envers, bordel!

– Maman, on dit pas bordel mais z…

– Merde! C’est vrai! Bon, finis-toi de t’habiller et on décolle.

– Chérie, tu n’as pas vu mes clés?

– Nooooon! Et je vais être en retaaaard!

17 minutes et 30 secondes plus tard, silence dans l’ascenseur qui amène au 13ème étage de la tour B du complexe bureautique où Fred travaille en tant que designer.

Elle pense à la journée de taf qui l’attend, journée 8-5 décomposée minutieusement à bases de bloc de temps, technique qu’elle a vu sur un blog génial pour être plus productive.

Et elle est en effet beaucoup, beaucoup plus productive. Elle a tout noté dans son agenda, pauses incluses.

Elle est hyper fière d’avoir trouvé ce système là.

En plein milieu de l'après-midi, Gaspard, le mec affilié à la compta, lui propose de boire un pot pour fêter le retour de Carmen. Carmen, c'est la cheffe super sympa du 8ème, département programme éditorial. Elle a eu des super conversations avec elle sur la psychologie du design, mais...

Elle regarde d’un œil son agenda. 

Merde. En plein dans son bloc de temps numéro 3, consacré au rapport de fin de contrat pour la pub sur les shampoings solides 150% naturels de marque Z.

Elle calcule hyper vite que si elle fait une pause maintenant, elle n’aura pas le temps de finir à temps ce putain de rapport et que merde, elle devra tout décaler sur la semaine.

Pain in the Ass.

Elle décline délicatement l’invitation de Gaspard (désolée mec, tu tombes mal là). Celui-ci hausse les épaules et la laisse à son paragraphe sur le choix d’une couleur sombre et intense pour shampoing, afin “d’évoquer la jungle mystérieuse et sa sensualité intrinsèque qui dégoulinent de la mousse verte produite par le shampoing “Green Hibiscus””.

Après une bataille bien rangée avec son clavier et 3 ou 4 cafés ou 5, ou 6, elle boucle son rapport, lance un “salut la compagnie!” à ses collègues. Pas le temps de souffler, il faut qu’elle passe prendre Clémentine au centre aéré, qui lui explique qu’elle a encore perdu son doudou rose à points turquoise, fait un détour pour acheter une boite de sauce tomate Bolognese, récupère Marie après sa leçon de karaté et arrive enfin chez elle....

Pour illico commencer à préparer le repas. En écoutant un podcast de dév’ perso’, car elle s’est promise d’être plus assertive.

D'un air nonchalant mais les yeux qui pétillent, Marie, quand même bientôt 12 ans, lui demande si elle peut aller dormir chez sa BFF [1] le weekend prochain.

– Nope, dit Fred, on a booké depuis des lustres un weekend d’équitation dans les Causses. Et tu viens avec nous.

– Quoi? Mais je savais pas, merde alors!

– Marie, surveille ton langage!

– Mais maman….! Merde alors!

Avant que Fred puisse répondre, elle reçoit un texto de Claudia, sa géniale collègue du département administration:

Fred regarde son téléphone avec des yeux vides. 

Gaspard, le type de la compta. L’invitation. Les blocs de temps minutieusement réglés.

La sauce tomate boue.

Marie revient à la charge avec un “Merde! C’est pas juste! On a tous les weekends de bloqués! Fait chier!”

La sauce tomate gicle sur tout autour de la casserole.

Gaspard. L’invitation au retour de Carmen. Le refus poli qu’elle a sorti pour respecter un putain d’emploi du temps réglé comme du papier à musique.

Marie continue à se plaindre. Ces putains de bloc temps.

La sauce tomate est sur le point de déborder.

Le mari de Fred entre dans la cuisine d’un pas nonchalant. Bonjour chérie, elle était bonne ta journée?

Fred ne répond pas. À vrai dire, elle n’a pas entendu. 

Cette putain d’habitude de fixer tout son temps comme si c’était le graal sacré.

Cette putain d’habitude de tout contrôler lui a sans doute coûté une promotion.

La promotion dont elle rêvait depuis des lustres.

Elle fixe des yeux ronds la sauce qui a définitivement commencé à sortir de la marmite. 

GRAND SILENCE....

Même Marie a senti qu’il se passait quelque chose et a fini par se taire.

Fred fulmine. Elle boue.

Et elle déborde.

Dans un hurlement de rage, elle prend la cuillère pleine de sauce tomate et la balance sur le mur en criant:

– “J’en ai maaaarrre! Putain de bordel! Je l’ai raté cette putain de promotion! Pourquoiiiii? Pourquoi j’ai pas été à ce foutu cocktail de bienvenue?

Elle se rue vers son agenda, regarde consternée toutes ces pages remplies de blocs de temps, de weekends programmés, de vacances planifiées un an à l’avance et de pauses minutieusement remplies d’activités éducatives.

Elle beugle de nouveau, se rue dehors son agenda à la main, et crie à pleins poumons Les habitudes c’est de la merde! À bas les bullet journals! Fuck le miracle morning à la con! Pas un seul moment pour respirer! Réveillez-vous bandes de con, esclaves endormis de vos minables routines!!!

Raaaaaaaaaaaaaaaahhh!

Fred passera quelques heures au poste pour incitation au chaos et irrespect des mœurs civilisés.

Mais elle aura enfin compris que si elle n’arrête pas de tout contrôler, de tout programmer et de ne pas laisser de place à l’inconnu, elle passe à côté de merveilleuses opportunités que la vie, dans sa généreuse et facétieuse bonté, nous offre parfois sur un plateau.

Cadeaux qu’il faut savoir accueillir.

Fred ne le savait pas et dans son traitement rigidifié version diamant dur comme du béton de sa vie quotidienne, elle l’a appris à la manière dure.

Mais toi, tu peux très bien l’apprendre d’une manière plus douce ou plutôt sans devoir balancer tout en l’air d’un geste rageur, de tes routines à ta sauce Bolognese.

Tu peux simplement alléger ta vie, augmenter ta satisfaction, réduire ton stress et pimenter ta vie en cultivant l’inattendu.

En laissant de la place pour des événements que tu n’attendais pas, se pointer dans ta vie sans que tu leur demandes. Sans même que tu y penses ou que tu y songes.

L’inattendu et ses immenses bienfaits

Mais ça veut dire quoi cultiver l’inattendu ? Est-ce que ça veut dire foutre en l’air ses agendas et agir de façon spontanée 24/7 ? Version Fred qui se rebelle totalement et vire de 180 degrés ?

Ben non.

J’adore la spontanéité. Je la vénère même. Et je la cultive elle aussi à grands renforts d’agendas minimalistes qui me donnent l’espace et le temps nécessaires pour y insérer ce que j’ai envie de faire sur le moment.

Mais cultiver l’inattendu, ce n’est pas déstructurer sa vie totalement et considérer que les plannings sont des ennemis-traîtres qui nous avilissent.

Non, cultiver l’inattendu, c’est amener des moments extra-ordinaires ponctuellement dans sa vie, un peu comme ajouter les épices essentielles à un plat qui se révélerait sinon fade au possible. Que ce soit un peu (comme du simple sel sur une côte de bœuf saignante) ou carrément beaucoup (comme les 40000 épices d’une tajine aux pruneaux), ce qui est important est de faire rentrer l’inattendu dans sa vie.

Car l’inattendu, surprenant et inconnu, permet de susciter des émotions nouvelles, des prises de conscience, des remises en question de croyances éculées ou simplement des souvenirs excitants.

L’inattendu permet d’explorer des nouvelles possibilités de façon ludique et intuitive, sans se prendre la tête, sans « il faut que », sans deadlines, sans projet, sans but. Bref, sans contrôle.

L’inattendu permet de rester ouverte et de reconnaître que l'on ne contrôle pas tout. En fait, pas grand-chose. Et que l'on ne connaît pas tout. En fait pas grand-chose non plus.

L'inattendu est une super façon de réapprendre la vraie humilité, celle qui permet de rester dans le rôle d’étudiante toute sa vie, remplie de désir de connaître, d’apprendre, d’expérimenter. Celle qui permet de partager ce que l'on a appris avec son entourage, avec passion et authenticité, sans tomber dans une supériorité de mauvais goût.

Et parlant de désir, l’inattendu donne la pêche et ressource, encore mieux qu’une glace Maple Walnut (et dieu sait que les glaces Maple Walnut sont diaboliquement énergisantes). Parce qu’en laissant de la place pour l’extra-ordinaire, on titille notre cerveau qui adore la nouveauté autant que moi les glaces Maple Walnut (c’est dire!). Et deuxième bonus extra-cool, en sortant des sentiers battus, on revient à son quotidien avec un œil nouveau et une énergie renouvelée.

Désir, ouverture d’esprit et de cœur, flexibilité, énergie renouvelée, bref, l’inattendu c’est un paquet surprise version multicolore.

Et la bonne nouvelle, c’est qu’il a y bien plus que 50 nuances pour faire entrer dans sa vie un zeste d'inattendu.

Je te donne ici 5 façons de cultiver l’inattendu, mais ne te cantonne surtout pas à cette liste unique, qui a plutôt pour vocation de t’inspirer et de te donner des exemples pratiques pour que tu t’y mettes dès que possible.

1. Cultiver l’inattendu en se perdant

Se perdre consciemment, c’est génial. Parce qu'en sortant des repères connus, on n’a plus d’autre choix que de se laisser aller.

De pratiquer le lâcher-prise. 

Super façon de prendre de la distance et de regarder un œil nouveau ce que l'on a dans sa vie.

Quelques conseils pratiques pour se perdre efficacement:

  • Décider d’un lieu au hasard et y flâner pour une heure, une journée, une semaine.
  • On conseille souvent de s’arrêter une station de bus ou de métro avant pour entretenir son cardio. Mais pourquoi pas s’arrêter une station après et revenir en arrière ?
  • Prends un bus, que l'on n’a jamais pris, et aller jusqu’au terminus. Prendre avec soi un bon bouquin ou rien, juste regarder le paysage.

2. Cultiver l’inattendu en bousculant ses habitudes et ses croyances

Les habitudes, c’est bien. Les routines, c’est génial. Mais prendre l’habitude de les rompre aussi de temps en temps, c’est vital. Parce que c'est le meilleur moyen de s’apercevoir le poids qu'elles ont dans sa vie. Et de juger si cet attachement est approprié, ou pas.

L’attachement aux habitudes peut être bénéfique (genre boire un bon verre d’eau en se réveillant) mais peut aussi être pernicieux, surtout quand on a une habitude qui ne correspond plus parce qu'on a évolué ou qui est carrément limitante.

  • N’hésite pas pour cultiver l’inattendu à changer légèrement une habitude pour « voir ce que ça donne » ou essayer carrément une autre habitude.
  • Mon experience perso

    Je m’en suis rendue compte avec la foutue habitude que j’avais de faire mon taf difficile dès le matin, heure où je suis la plus fraîche. Et puis avec ce foutu souci de productivité qui traîne autant que le covid sur la toile, je m’étais faite une idée que c’était bien parce que c’était populaire.

    Il m’a fallu des lustres pour comprendre que le miracle morning ne me correspondait pas dans la façon dont il était présenté. Moi, le matin, je ne veux pas faire fonctionner mon cerveau. Point barre. Pas d’ordi, pas de bullet journal, pas de réflexions sur le monde et ses conséquences, pas de journal intime patato-métaphysique. Rien.

    Si j’avais expérimenté plus tôt le fait de bousculer mon habitude du matin, en ne programmant rien de spécial ou en faisant quelque chose de complètement différent, bref, en laissant de la place pour quelque chose sans me soucier de le contrôler, j’aurai au moins gagné 6 mois dans ma prise de conscience et dans ma croyance idiote que mes heures les plus vives et les plus fraîches, je devais les passer à penser et à produire au lieu de simplement être.

    Une autre façon de cultiver l’inattendu est d’aller titiller ses croyances en allant voir sciemment l’avis contraire. 

    Il y a un biais en psychologie qui s’appelle le biais de confirmation [2]. En gros, lorsque l'on est intimement convaincue de quelque chose, on va avoir tendance à voir / percevoir / chercher ce qui confirme notre croyance. 

    • Prends une croyance bien ancrée chez toi (pourquoi pas sur le fait que les gens tous le temps optimistes sont plus heureux? [3]) et google son contraire.

    Tu seras surprise, étonnée, dérangée, intriguée, mais tu repartiras avec une croyance que tu peux plus objectivement confirmer … ou infirmer. 

    Entretenir le doute sur des choses que l’on connaît bien, comme des croyances, des clichés et des domaines où l’on se croit experte, c’est le nec plus ultra pour entretenir sa mentalité de croissance, et donc tout un tas de choses dont je parle dans cet article.

    3. Cultiver l’inattendu en essayant des trucs crazy

    J’adore les trucs crazy. D’ailleurs je mets crazy à toutes les sauces. J’aurai même presque pu remplacer rebelle par crazy: Simplement crazy, le site pour les femmes indépendantes (et légèrement crazy sur les bords).

    Bon, ça sonne drôle mais il y a un fond de vérité tout de même. 

    Parce que les trucs crazy, c’est les trucs que l'on s’autorise à faire, même quand le voisinage nous regarde d’un sale œil.

    Même quand la famille nous regarde avec des grands yeux étonnés en se demandant de quelle planète on vient.

    Même quand notre petite voix intérieure nous supplie d’être raisonnable.

    Bref, les trucs crazy, c’est se rebeller contre toutes ces voix qui nous ordonnent de ne pas faire ou de faire quelque chose.

    Les trucs crazy, ce sont les trucs qui démangent, qui font sourire intérieurement mais que l'on n’ose pas ou que l'on vire d’un geste de la main par peur d'agresser la bienséance.

    Si tu as envie de trucs crazy, en voici 5 que j'ai testé perso:

    • Faire un picnic familial dans son salon, par terre, ou même carrément sous la table version grotte.
    • Manger avec les doigts, ou dans le noir total. Je le fait régulièrement avec mes filles et c’est nickel chrome : elles restent « à table » beauuucoup plus longtemps. 🙂
    • Prendre une échelle et regarder son appart d’en haut. Celle-là, je la tiens du cercle des poètes disparus, mais je t’assure que j’ai essayé et c’est bluffant.
    • Marcher les yeux fermés pendant 15 minutes dans son appart. Je l’ai fait récemment, c’est déroutant.
    • Autre version que mes filles adorent, les prendre par la main, leur dire de fermer les yeux et les guider dehors dans la rue. Succès garanti !

    4. Cultiver l’inattendu en faisant de l’espace

    Et maintenant tu vas me dire, mais tout ça, c’est pas vraiment inattendu puisque je décide de la faire consciemment. Je peux même le programmer dans mon agenda hebdomadaire de chez Quo Vadis.

    Ouaip. Mais premièrement, les conseils que je t'ai donné auparavant déconditionnent un tantinet, même pas mal.

    Et surtout, ils préparent à avoir moins peur des moments … blancs.

    Les moments blancs, c’est les moments déprogrammés totalement. C’est le temps où l'on se laisse aller complètement sans décider de quoi que ce soit.

    Bref l’espace intersidéral silence radio tonitruant.

    • Entraine-toi régulièrement à ne rien faire. Ne rien faire du tout.

    Rien dans l’agenda. Un blanc total. Rien de prévu pour combler cette pause monumentalement vide. Pas de mobile, pas de hobby.

    Même pas de méditation (parce que la méditation, c’est aussi une activité full programme où tu décides consciemment de faire quelque chose de ton temps, en l’occurrence de laisser aller et d’observer tes pensées.)

    Le vide total. Trèèèès difficile, parce que dans notre monde hyperactif rempli jusqu’à ras-bord, on exècre le vide. On hue l’ennui. On le vilipende et on le cloue au pilori avec des activités superficielles.

    Cultiver l’inattendu, c'est aussi apprendre à faire avec le vide. Avec l’espace. Avec ces moments déprogrammés où il n’y a rien d’autre à faire … qu’être.

    Tu seras alors super surprise de redécouvrir les activités simples de ta vie quotidienne avec un œil nouveau et agréablement stress-free.

    5. Cultiver l’inattendu en cultivant le spontané

    Enfin, le summum du summum, mais qui vient en dernier, c’est le spontané. La spontanéité. La spontanéité, c'est ce qui vient naturellement et de façon impromptue. Sans se forcer.

    Tu connais sans doute la notion de flow pour tes activités. Elle a été développée par Mihály Csíkszentmihályi, un maître incontesté de la créativité et de l’énergie psychique (presque à égalité avec Harry Potter et Hermione.) [4]

    Il y a aussi une notion de flow dans le mouvement. Le fait de changer, de clore une activité et d’en initier une autre au moment opportun. Sans regarder l’heure, mais simplement parce que c’est le moment.

    Petit aparté de mythologie grecque

    Il y a 2 dieux du temps, Kairos et Chronos (enfin 3 mais le dernier, Eon est dédié à l’éternité, aux générations, aux cycles énormément longs, donc pour savoir comment cultiver l’inattendu dans notre microscopiquement courte vie sur terre, on le laissera de côté).

    Chronos, c’est le dieu du temps linéaire, celui que tu invoques quand tu as une putain de deadline à terminer et qu’il te manque 2 misérables minutes. Celui aussi que tu mets bien en ordre dans tes agendas et tes plannings et qui t’aide à avancer tes projets step by step, structurer ton jour et ta nuit, et le-diner-des-filles-pas-après-19h-30-parce-qu’il-faut-qu’elles-aillent-au-lit.

    Mais Kairos, c’est autre chose. Lui, il s’en fout comme de l’an quarante des chiffres de un à douze et s’occupe seulement du moment opportun. C’est le dieu préféré des artistes de toutes sortes car le moment opportun, c’est aussi le moment où les idées viennent d’elle-même se présenter à toi sous leur plus beau jour.

    Et bien la spontanéité, c’est du flow version Kairos sans activité précisée. En gros, c’est cultiver le moment opportun en se laissant emporter par l’énergie du moment. Peu importe l’activité.

    D’une certaine manière, être spontanée, c'est ne pas choisir consciemment ce que l'on va faire dans les prochaines minutes mais laisser l’activité venir à nous. Le temps vient alors à notre rencontre de façon bienveillante et nous pose une petite graine d’idée qui nous met en joie si on la suit du bout du nez.

    Pour invoquer Kairos et les dieux de la spontanéité, voici quelques options:

    • Prendre un autre chemin de façon impromptue pour rentrer chez soi
    • Sonner à la porte d’un pote sans lui téléphoner
    • Décider d’aller au ciné juste après le taf au lieu de rentrer chez soi
    • Parler à un mec de sa boite que l'on ne connaît pas pendant la pause déjeuner
    • Faire un achat spontané de moins de 20 euros (il s’agit pas de casser la baraque quand même)

    Pour cultiver sa spontanéité, ses moments opportuns et faire un bisou à Kairos, il y a donc pas mal de choix. Leur seul critère commun, c’est qu’ils ne sont pas décidés à l’avance. Pas de réflexion approfondie, pas de tergiversation, pas de jugement intempestif, simplement un choix instinctif et léger.

    Conclusion spontanée … et inattendue

    Voilà, j’espère que tu as maintenant plusieurs idées qui t’ont titillées et que tu brûles d’essayer dès maintenant. 

    Alors sans autre forme de procès, et de façon impromptue, je ne ferais aucune conclusion sur cet article mais te laisse spontanément partager dans les commentaires la façon dont tu as, ou dont tu vas, cultiver l’inattendu dans ta vie.

    Embrasse Kairos, le dieu du temps opportun de ma part, Sister !

    Claire

    Notes:

    [1] Best Friends Forever. Si tu connais pas ce terme, t’es pas à la page Sister. Ou tu n’as simplement pas d’ados à la maison. 🙂
    [2] Thinking fast and Slow, David Kahneman, 2012. Un classique du genre sur les biais cognitifs que nous avons toutes et tous (en anglais).
    [3] Neither an Optimist Nor a Pessimist Be: Mistaken Expectations Lower Well-Being, de Meza D, Dawson C., 2021. Étude démontrant que ce n'est pas le fait d'être optimiste ou pessimiste qui déterminent le niveau de bien-être et de bonheur, mais le niveau d'exactitude des attentes. Les auteurs mettent en garde contre un optimisme à tout va et recommandent d'être prudemment optimistes.
    [4] Un article complet sur la notion de flow et sur M. Csikszentmihalyi, un des pères fondateurs de la psychologie positive.
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