Choisis ta souffrance! En quoi accepter sa souffrance et la canaliser permet de s’épanouir pleinement

Écrit par Claire | Catégorie Mindset | Publié le 28.08.2021

J’ai envie de te parler ici de souffrance, du fait de l’accepter, et même de la choisir consciemment. Ça peut te paraître dingue, mais j’espère qu’après la lecture de cet article, tu auras envie de souffrir. Nope, je ne suis pas sado/maso et je déteste la souffrance “pour rien”. Je déteste par exemple me brûler la langue quand je mange des fettucine aux chanterelles trop bouillantes.

Mais j’espère que tu auras envie de souffrir car tu auras envie d’aller au delà de la souffrance inhérente que la vie amène dans ses bagages. J’espère que tu auras envie de souffrir car tu auras réalisé que ce que tu aimes, désires au plus profond de toi, apporte aussi, invariablement, son lot de souffrance, et que tu es prête à t’y confronter. J’espère que tu auras envie de souffrir pour canaliser cette peur de souffrir viscérale propre aux instincts humains les plus profonds afin qu’elle te serve dans ta quête d’épanouissement au lieu de t’avilir. Bref, j’espère que cet article t’aidera à y voir plus clair sur ton rapport à la souffrance, sur tes peurs de souffrir et les blocages qu’ils impliquent, et t’apportera un bon coup de punch version cocktail Bloody Mary pour entreprendre tes rêves et tes aspirations les plus profondes.

Cet article est composé de 4 grandes parties autour des thèmes suivants:

  1. La vie est souffrance;
  2. Éviter la souffrance, c’est éviter d’être responsable;
  3. La souffrance est souvent -toujours- un passage obligé dans la réalisation de soi;
  4. Choisir sa souffrance, c’est choisir son système de valeurs et ce qui est important pour soi.

Nous souffrons toutes et tous. Parce que nous sommes en putain de vie.

Nous souffrons. Nous avons souffert. Et nous souffrirons encore.

La vie est souffrance. Ouais, je sais, si tu pensais que cet article allait te remonter le moral, et bien… tu ne t’es pas trompée Sister. Oui, d’une certaine manière. Mais ne t’attends pas que je te parle d’optimisme à tout va et de lunettes roses. Parce que là, on va parler d’une vérité que peu d’entre nous ont du mal à avaler entièrement: La vie est souffrance. Point barre. Pas la peine de sortir des “oui, mais”, pour essayer de noyer le poisson. La vie est souffrance. Et la meilleure façon d’avancer et de faire quelque chose de sa vie est de reconnaître ce simple et terrible fait.

La vie est souffrance. C’est la première noble vérité de Bouddha. C’est un thème qui se retrouve derrière pas mal de créations artistiques de toutes les époques,de tous les continents. Surtout dans notre monde occidentalJeter un œil sur les tableaux de Francis Bacon ou t’absorber dans l’univers de la poétesse Sylvia Plath t’en dira plus sur la souffrance qu’un essai de 3 tomes et 27 kilos en psychologie comparée.

Car la souffrance touche à nos tripes, qu’elle nous effleure les nerfs en les cisaillant en même temps, et … que nous l’admettons pas. Nous, les occidentaux, aveuglés par les lumières souvent orgueilleuses que nous créons, technocrates obnubilés par le progrès et refusant l’idée de mourir, rejetons l’idée de souffrance en bloc. Nous la voyons comme un frein à notre épanouissement, une interruption dans la poursuite du bonheur.

En orient, les choses sont beaucoup plus simples. La souffrance est vue comme un moyen d’atteindre l’éveil, l’épanouissement. Bref, d’être une meilleure et plus entière personne. Les orientaux ont simplement un train d’avance en ce qui concerne la souffrance et la vie. Ils ont compris, ou accepté dans leur système de valeurs, que la vie est loin d’être une ballade éternelle la fleur à la main, le cœur en bandoulière et le symbole Flower Power planté en haut des lunettes de soleil.

Maintenant, que diable a foutu ce magnifique système d’évolution qu’est la vie pour insérer la souffrance au même titre que la joie ou l’envie de manger des frites bien grasses et bien salées?

Elle l’a intégré dans sa partition tout simplement parce que la souffrance [1] est nécessaire. Parce que quand tu souffres, tu as envie de de changerEt quand tu changes, tu as des chances d’évoluer.

Ça commence par des trucs assez triviaux mais ô combien utiles comme la première fois que tu t’es brûlée à l’age de 3 ans en touchant la plaque de cuisson. Tu as souffert, tu as fait le lien entre souffrance et plaque, tu as changé ton comportement. Bingo. Et ça continue tout le long de ta vie et à tous les niveaux. Que la souffrance soit physique, émotionnelle, psychologique, morale, mentale, spirituelle, elle est partout. À moins de t’enfermer dans une bulle blanche fermée à double tour, il n’y a aucune chance que tu en réchappes.

Mais grâce à la souffrance, à travers elle, tu vas pouvoir changer, croître, évoluer.

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Lorsque tu souffres, lorsque tu éprouves de la douleur, tout ton être se tourne vers la cessation de cette souffrance. Tu cherches à trouver ce qui te fait mal, ce qui te fait souffrir et tu tentes de trouver une solution qui apaisera cette souffrance. Peut-être pas le lendemain, peut-être pas dans 15 jours. Ni dans quelques mois. Les deuils sont nécessaires. Mais tu finis par t’interroger sur ce que tu as vécu. Tu essaies de lui donner un sens. Tu fais le tour de tes valeurs, de ce qui est important pour toi. De ce qui te faivivre. Il n’est pas rare qu’après la perte d’un être cher, les valeurs changent, se transforment et deviennent plus profondes, plus riches de sens, plus essentielles (voir cet article sur les cycles de changement). 

Bref, tu bouges, tu changes, tu te mets en mouvement. Tu évolues. Et ça, Maman Nature, elle adore ça, l’évolution. Parce que ça donne des super chances à ton espèce de gagner le grand jeu de l’évolution et de ne pas disparaître. Maman Nature se fout pas mal de ta destinée propre, elle est plutôt tournée vers ton espèce toute entière, mais pour toi, cela veut dire que plus tu évolues, moins tu as de chances de souffrir de ta souffrance. Tu vas continuer à souffrir, mais tu seras plus à même d’accepter, de gérer et de dépasser ta souffrance. Et ça, c’est une super cool bonne nouvelle pour la suite de ta vie.

Victimisation, Déni, ou l’art d'éviter d'accepter sa souffrance

Maintenant, accepter la souffrance n’est pas aussi facile que ça et il y a pas mal de personnes qui la mettent au mauvais endroit. Ou qui la nient tout à fait. Deux comportements hyper malsainen ce qui concerne la souffrance: la victimisation et le déni.

Nier la souffrance, ou le syndrome de la bulle de chewing-gum rose

J’ai horreur des messages ultra-positifs qui inondent les réseaux sociaux. Pas parce qu’ils sont mauvais en soi, mais parce qu’ils t’incitent, ils t’exhortent à être positive. À tout bout de champ positive. Sans cesse positive. Un peu comme les haters mais en positif. Même type de messages gravés dans le marbre et indestructibles. Même fanatisme à les communiquer, à prodiguer leur parole, même dédain contre ceux qui n’adhèrent pas entièrement. Franchement pas réjouissant. Et contre-productif.

Car la pire des choses qui puisse t’arriver consiste à faire comme si tout était positif. De nier les moments où ça ne va pas, de bien tasser au fond toutes tes souffrances, tes doutes et les secteurs problématiques de ta vie. De faire semblant. De lire des tonnes de trucs sur la positivité pour arborer un sourire ou une émotion positive de facade alors que ça va fucking pas du tout. De te ruer sur tes affirmations positives, ta glace préférée, dès que la moindre petite frustration / indignation / colère / tristesse pointe le bout de son nez. C’est le syndrome de la bulle de chewing-gum rose. Tout y est rose, sucré, sans coins où se faire mal et suffisamment rebondissant pour amortir les chutes.

Le problème de la bulle rose sucrée, c’est qu’elle ne t’incite pas du tout à évoluer, t’épanouir, et efface d’un trait de saccharose toutes tes opportunités de le faire, ces pépites dorées d’épanouissement qui se trouvent souvent barbouillées et pas très ragoûtantes dans les obstacles que tu rencontres. Le deuxième effet pas kiss-cool, c’est que ta bulle, elle finira tôt ou tard par crever. Te laissant nue, désemparée, seule, et absolument pas armée pour la vie, les emmerdes et les aventures de tout genre (pour les frustrations chroniques qui te bouffent à petit feu, voir cet article sur ton petit monde intérieur).

La positivité superficielle est une ennemie pour l'épanouissement de soi

Se poser en victime de sa souffrance ou l’art du cache-soleil

Tomber dans l’extrême inverse n’est pas non plus terriblement réjouissant. Si tu considères la vie comme une série infernale de situations ressemblant à un tableau de Jérôme Bosch, tu es en train de tripper méchamment, et tu te complais dans un monde unilatéral qui te permet de rejeter toutes tes emmerdes à l’extérieur, et de t’écrier cette phrase on ne peut plus malhonnête: “C’est pas moi, c’est le monde qui est pourri.”

Tu joues la cynique, la paria, la fille extraordinaire qui n’est pas reconnue ou la victime qui pleure sur son petit ego qu’elle ne peut rien, mais vraiment rien faire. Parce que “c’est pas moi, c’est la faute à la société, les parents que j’ai eu, l’accident que j’ai eu quand j’avais 4 ans, le fait que j’ai pas de fric parce que c’est comme ça dans ma famille, c’est la faute au temps, aux autres, à la politique internationale, aux chasseurs d’éléphants, à la pauvreté dans le monde, aux inégalités, au SDF d’en bas, aux ultra-riches, à Lady Gaga et au cirque Barnum.

C’est ce que j’appelle le cache-soleil. Contrairement à la bulle rose où ta sœur tripe sous un soleil permanent et meurt à petit feu d’un immense coup de soleil, ça s’apparente à oublier complètement qu’il y a une étoile qui te donne un minimum de chaleur quand tu en as besoin, permet d’illuminer tes jours et se retire doucement pour que tu puisses t’endormir en paix. Bref, un truc positif, qui te permet de ne pas oublier que oui, le monde est merdique, mais oui, il y a aussi de l’espoir. L’espoir que ce monde change, l’espoir que tu changes, l’espoir qui est en toi.

Et ça, c’est difficile à avaler, l’espoir. C’est comme un nourrisson déposé devant ta porte qui te regarde avec des grands yeux. Ton petit supplément d’âme qui porte en lui toutes les merveilles que tu as à offrir. Que choisis-tu? De continuer à pleurer sur ton sort et de le laisser crever “parce que tu ne peux rien faire”? Ou de bouger ton cul pour lui donner un abri, même si cela implique de passer par des épisodes inconfortables, difficiles, merdiques, solitaires, chaotiques, - bref, de souffrir? La seconde option est moins confortable que la position de la fille distante ou désespérée, mais ô combien plus riche de sens, d’énergie, de potentialité de croissance et de bonheur.

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Prendre sa vie et sa souffrance en mains

Déni et victimisation. Les deux pires solutions lorsqu'il s’agit de gérer la souffrance, que celle-ci soit passée, présente ou à venir.

Pas seulement parce que ça fait mal sur le moment. Pas seulement parce que ça te coupe toute possibilité de t’épanouir et de devenir la personne que tu veux devenir.

Ce sont des solutions de bas étage parce que dans les deux cas, victimisation et déni démontrent haut et fort que tu ne prends pas la responsabilité de ta vie. Tu ne prends pas ta place. Tu ne la revendiques pas. Tu te mets dans un coin et tu attends que ta vie se passe. Sans tambour ni trompette. Sans vagues. Sans doutes. Sans frictions. Et on mettra sur ta tombe:

“Untelle, a vécu sa vie sagement, en marge de son existence. (au moins, elle ne nous aura pas fait chier.)”

C’est difficile les frictions. C’est difficile les vagues. C’est difficile de ne pas être sûre. C’est difficile de prendre sa place. Surtout quand on n’a pas grandi dans un environnement propre à l’affirmation et à la revendication [2].

La souffrance est un passage obligé dans l’épanouissement de soi

Tu connais sans doute l’histoire du vilain petit canard, qui toute sa vie pense qu’il est un canard parce qu’il a été élevé par des canards. Jusqu'à un beau jour où, apercevant des cygnes au loin, il les interroge du regard et, découvrant son reflet dans une mare se rend compte qu’il en est un. Et Pof! Le voilà décollant du sol et entamant un formidable périple dans les airs, enfin libre et jouissant d’avoir découvert sa véritable identité.

Mais tu ne connais peut-être pas celle-là. C’est l’histoire d’un vilain petit canard, qui toute sa vie pense qu’il est un canard parce qu’il a été élevé par des canards. Jusqu'à un beau jour où, apercevant des cygnes au loin, il interroge sa mère sur ces merveilleux oiseaux blancs. Elle lui répond que ce sont des cygnes destinés à voler dans les airs, mais qu’eux, lui, elle, tous ses frères et sœurs sont des canards destinés à barboter les pieds dans l’eau. Et Pof! Voilà le vilain petit canard qui reste persuadé qu’il est un canard et que sa vie de merde à bouffer des vers de terre au ras du sol est ce qu’il y a de mieux pour lui.

Dans les deux cas, le vilain petit canard s’est interrogé. Mais de deux manières totalement différentes. Lorsqu'il demande à sa mère, il interroge le connu, le confortable, l’habituel, le “normal”. Malgré le fait qu’elle le dénigre et le moque. En gros, il continue à s’appuyer sur un système de croyances qui ne lui va pas.

Dans le deuxième cas, le soon-to-be cygne ose interroger l’inconnu, s’approcher de zones et de territoires qu’il ne connaît pas, malgré sa peur, quitte à en souffrir. C’est d’ailleurs en ayant côtoyé la souffrance qu’il peut faire ce pas terrible qu’est l’ouverture à l’inconnu. Parce que si tu lis les petites lignes de l’histoire du vilain petit canard, on est loin de la baguette magique et du gain au loto en 2 coups de cuillère à pot.

Battu et moqué par les siens, il s’enfuit et connaît l’exil. Souffrance. Réfugié chez une famille de jars, il s’enfuit de nouveau, pourchassé par des chasseurs. Persécution et peur de la mort. Souffrance. Recueilli par une vieille femme dans une cabane, il se fait mépriser par la poule et le chat qui y vivent. Mépris, exclusion. Souffrance. Il finit par passer l’hiver dehors, au froid. Douleur. Isolement. Souffrance.

Comme tu vois, le vilain petit canard, c’est un merveilleux conte pour enfants qui promet monts et merveilles, mais comme presque tous les contes, ce n’est aussi pas une sinécure [3]. Le vilain petit canard, il en a bavé. Il en a bouffé des moments merdiques. Mais il a pris sa vie en mains en supprimant une à une les croyances qui ne lui appartenaient pas pour finalement interroger l’inconnu, la part d’ombre qui sommeille en nous et qui se révèle, une fois débarrassée de toute la boue, splendide et lumineuse comme un lotus.

Choisir sa souffrance, c’est choisir ses valeurs et ce qui est important pour soi

Dans ma vie, j’ai rencontré pas mal de mecs qui étaient des sales types. À chaque plan amoureux, je me suis typiquement retrouvée avec un mec qui ne me respectait pas et qume rabaissait au 36ème dessous – physiquement ou moralement – pour avoir l’immense honneur de monter d’un cran son ego de merde et sa soif de reconnaissance. Bref, j’étais avec des sales types. Et je souffrais. Et je finissais par les plaquer quand ça commençait vraiment à menacer ma dernière goutte d’intégrité. Mais le fait est, que je me mettais en couple avec des sales types.

Parce que j’étais attirée par les sales types.

Alors je ne vais pas te résumer 10 ans de psy en 3 phrases et 4 virgules, mais j’ai fini par faire le lien entre ma souffrance, les sales types, et lechoix que j’avais faitinconsciemment. En me mettant dans la peau de la victime qui ne peut rien faire, je n’avais pas besoin de prendre ma vie en mains. Je n’avais pas besoin d’être responsable de ma vie, de ce qui m’arrive. Je pouvais tout mettre sur le dos du sale type. C’est pratique, un sale type. C’est tellement froid et méchant que l’on n’a aucun besoin de se remettre en cause sur le fait que la situation est pourrie et qu’on a sa part de responsabilité dans ce merdierLe fait de rester à absorber les coups au lieu de fuir en courant. 

J’apratiqué la victimisation pendant des années. Et pire, j’ai en même temps pratiqué le déni en fabriquant une énorme bulle de chewing-gum rose. Je souffrais, mais je m’étais fabriqué une belle bulle d’hyper-optimisme à tout va que je me shootais en intraveineuse pour nier ma souffrance, mes problèmes, et le fait que j’étais dans une situation de merde grave.

Et j’ai souffert pendant des années. Jusqu'à ce que je décide de ne plus me mettre en couple avec des sales types. Jusqu'à ce que je décide de changer ma souffrance d’épaule. Dorénavant, je suis seule et j’ai décidé de ce choix. Je souffre de solitude parfois, ça me frustre à un point pas possible de voir les mecs qui frottent le dos de leur nana dans les hammam, je suis parfois nostalgique et envieuse des couples qui se donnent la main, et je salive rien qu’à l’idée d’un long baiser savoureux, bien sexy et bien baveux. Mais je ne suis plus embrigadée dans ma souffrance, car je l’ai choisi. J’ai choisi la solitude parce que malgré son lot de souffrances, elle vaut bien mieux, pour moi, que la souffrance d’un partenariat malsain, ou que celle d’un partenariat tout court. C’est mon choix. Pleinement assumé. Et ce choix a été beaucoup plus facile dès lors que je me suis rendue compte qu’on ne pouvait pas éviter de souffrir.

Comme tu as souffert, tu souffres et que tu vas souffrir tout le restant de ta vie, autant choisir pour quoi

Dans quelle aventure comptes-tu t’embarquer pour t’améliorer? Pour croître? Pour être plus heureuse, plus épanouie? Quel que soit ta situation actuelle, qu’elle soit agréable, passablement raisonnable, ou complètement merdique, la meilleure option qui s’offre à toi consiste à accepter la souffrance accompagnant tout projet, tout objectif, tout désir. À l’embrasser entièrement afin qu’elle ne te fasse plus obstacle à l’accomplissement de tes objectifs et de ton épanouissement.

Épanouis-toi vitesse grand V grâce à ces 10 conseils puissants!

Plus facile à dire qu’à faire. Car la souffrance peut s’apparenter à un ouragan monstrueux rempli de peur, de douleur, de perte de repères. Un truc énorme qui dès qu’on y pense, se pose juste devant, bloque toute perspective de changement et fait rentrer n’importe qui dans sa coquille.

En face de l’idée de la souffrance accompagnant un projet, un rêve, un objectif d’épanouissement, il y a 3 façons de réagir:

  • Ceux qui restent paralysés par le truc mais n’osent pas une seule seconde envisager de la dépasser;
  • Ceux qui subtilement font demi-tour en prétextant que leur objectif a changé;
  • Et ceux, comme toi j’espère, qui la regardent dans les yeux, poussent un soupir de tremblement et font le premier pas vers elle. 

Si tu as consciemment choisi ton objectif, tes valeurs, ce qui te porte et te transporte, si tu es convaincue que ce qu’il y a derrière cette souffrance est bon pour toi, te rend meilleure, plus forte, plus belle, plus grande, plus toi, alors je peux t’assurer que tu auras beaucoup plus de facilités à voir la souffrance comme une épreuve parfaitement franchissable. Et ton courage n’en sera que décuplé. (Pour en savoir plus, télécharge ce guide sur les valeurs).

Disons par exemple que tu veuilles avoir de meilleures relations intimes. Tu sais au fond de toi, même si ce n’est qu’inconsciemment, que ça implique de la souffrance, parce que construire une intimité saine et équilibrée demande à s’exposer, ouvrir son cœur, poser les bonnes limites. Plein de trucs supers chouettes mais qui vont t’exposer aussi à être blessée ou à blesser l’autre, et à te sentir complètement shitty à cause de ça. On ne fait pas des omelettes sans casser des œufs. On n’a pas de bonnes relations sans frictions.

Mais comme le fait d’avoir de meilleures relations intimes compte pour toi, que c’est un truc qui te tient vraiment à cœur, tu es plus à même, tu es plus disposée à accepter cette souffrance et à y faire face. Tu seras plus prête à mettre en place les actions nécessaires pour améliorer tes relations, même si cela implique quelques moments de souffrance.

La souffrance ne sera plus un puits sans fond qui t’empêche d’avancer, mais un obstacle surmontable, désagréable certes, mais surmontable, pour aller plus loin. Bref, tu auras donné un sens à ta souffrance en la limitant à ce qu’elle est: Des putainde moment désagréables qui passentRien de plus.

Même chose pour tes projets. Imagine que ton rêve est de devenir marathonienne. Les marathoniens et les ultra-runners peuvent te raconter des tonnes d’histoires à propos de pieds ensanglantés dont la peau se barre en lambeaux version gore, de mauvais trips où ils vomissent sang et boyaux, de crampes abominables qui te font sentir comme un goût de pierre dans la bouche, d’épuisement total. Tu sais tout ça. Et pourtant, tu continues à vouloir être marathonienne.

Sans aller dans les histoires de motivation et de moyens d’y arriver, tu as déjà accepté psychologiquement que tu allais souffrir. Et que cela ne représentait pas un obstacle suffisant pour abandonner. Bref, tu as choisi ta souffrance. Tu l’as remis dans une contexte plus grand, où ce qui importe pour toi dans le fait de courir est au centre de ta démarche: sentiment de profonde liberté, connaissance de tes limites physiques et mentales, effleurement d’autres niveaux de conscience.

Conclusion

La vie est souffrance, parce que nous allons tous mourir et grâce à notre merveilleuse conscience, nous en sommes conscients. Terriblement conscients. La souffrance n’est pas évitable. Alors si tu dois souffrir, autant la choisir. Rends ta souffrance utile, transcende-la, pour qu’elle te transforme, qu’elle te rende meilleure, plus forte, plus authentique. Si tu garde ta souffrance cloisonnée, si tu abdiques devant elle sans lui donner un sens, tu souffriras toujours autant. Mais sans contrepartie.

"Ne construis pas un mur autour de ta propre souffrance, ou elle te dévorera de l’intérieur.” Frida Kahlo

Que ce soit pour avoir des relations plus saines, pour grimper l’Everest, pour achever et publier ton bouquin pour enfants, pour te lancer dans le business de fabrication de glaces Maple Walnut dont tu rêves tant, eenvisageant la souffrance que ces projets engendreront forcément, tu la remets dans un cadre plus grand. Tu la délimites. Tu la gères. Et ça, c’est double effet kiss-cool. Non seulement tu mènes à bien ton projet mais tu apprivoises la peur qu’elle engendre chez toi et augmente ainsi ton espace intérieur [4].

Alors la prochaine fois que tu envisages d’abandonner devant un projet grand comme la lune qui va te donner du fil à retordre, devant un rêve secret que tu oses à peine penser car tu sais qu’il implique un changement en profondeur et un long travail sur soi, rappelle-toi que la souffrance est certainement en train de te susurrer des mots doucement empoisonnés puant la peur et le renoncement.

Appelle alors à toi tes valeurs, ce qui compte infiniment pour toi, tes buts ultimes, le sens que tu veux donner à ta vie, rassemble-les en boule, fait-en un bon gant de boxe en cuir tanné, et fous-lui un crochet bien senti dans la mâchoire inférieure. Tu auras peut-être mal à la main, elle ne va pas te lâcher facilement, mais au moins tu auras initié le seul combat qui vaille la peine d’être initié: celui d’être en vie, authentiquement, pleinement, totalement. Celui d’être toi.

Notes

Image en haut de l'article de Camila Quintero Franco adaptée par moi. L'image dans l'article est une de mes créations.
[1] Un article très intéressant sur la différence entre souffrance et douleur, ou plutôt l'absence de différence. Bien que la douleur décrive généralement un mal physique et la souffrance un mal psychologique, cette distinction est sans intérêt, voire trompeuse.
[2] Une interview de Mona Chollet sur son fabuleux livre "Sorcières, la puissance invaincue des femmes", Éditions La Découverte, Paris 2018.
[4] Si tu meurs de trouille et t'as besoin d'un bon boost pour affronter tes démons, regarde-ça.
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