Comment se rebeller contre les fausses espérances et les “on ne sait jamais”

Écrit par Claire | Catégorie Outils | Publié le 02.08.2021

Bon, allez, on va pas se voiler la face. On l'a toutes dit un jour. Généralement d'une toute petite voix, pas très bien assurée, ou de façon un peu trop forte, avec un soupçon de point d'interrogation à la fin mais que l'on entend à peine. Ces 4 mots et 5 syllabes qui, mine de rien, t'entraînent vers le fond plus vite qu'un calamar géant façon Jule Vernes puissance 10.

"On ne sait jamais."

LA phrase qui tue. Surtout quand elle s'adresse à un objet ou à un truc que tu as depuis longtemps, que tu n'utilises plus mais que tu gardes, parce que...

"On ne sait jamais."

Ce jean trop petit que tu gardes mais que tu ne mets plus parce que tes formes sont devenues un peu plus voluptueuses avec le temps? On ne sait jamais.

Le vieux grille-pain de ton arrière grand-mère qui fonctionne, que tu gardes dans ton cellier, mais que tu n'utilises plus depuis belle lurette parce que tu l'as remplacé par le summum du must en matière de grillage de pain? On ne sait jamais.

Et ben les "On ne sait jamais", généralement, ça sent pas bon. Parce que ça contient une possibilité d'utilisation basée sur une situation hypothétique, dans un futur hypothétique, concernant une utilisation hypothétique.

Les on-ne-sait-jamais, ou l'art de (mal) placer toutes ses espérances dans un objet

Bref, "on ne sait jamais", c'est un fourre-tout où tu mets toutes tes espérances, tes doutes, tes peurs et tes insécurités.

  • L'espoir de maigrir? Dans le jean Levi's 209 une taille en-dessous.
  • La peur de manquer? Dans le deuxième éplucheur patate, et le vieux grille-pain qui fonctionne mais que tu n'as pas donné.
  • L'espérance de retrouver les super sensations que tu as eu? Dans les 15000 pastels à moitié desséchés qui te rappellent les moments où ton hobby d'il y a 15 ans te permettaient d'exprimer ta créativité.

Le problème n'est pas vraiment que ces objets prennent de la place. Après tout, un jean, un grille-pain ou une boite de pastels, tu peux largement les caser dans un coin de ton appart sous les décorations de Noël.

Non, le problème avec ces objets, c'est qu'ils t'attachent à des situations abstraites, passées ou improbables. Et t'empêchent d'aller de l'avant et de concrétiser ce que tu veux vraiment.

Je m'explique.

Quand tu prends un objet entre les mains, que tu songes subrepticement à jeter / donner / vendre mais que tu le reposes sagement où il était en te disant "on ne sait jamais", il y a 2 trucs qui se passent:

D'abord, tu procrastines. Parce que ouais, Sister, le fait de remettre au lendemain l'avenir du grille-pain avec un vague "on ne sait jamais", c'est laisser stagner le truc, sans décider, et sans passer à l'action. Soit tu le gardes, soit tu le jettes. Le "on ne sait jamais" se glisse pernicieusement entre deux et te montre que tu as capitulé sur ce coup là. 

Ensuite, tu te laisses envahir. Par la boite de Pandore ouverte par cette petite phrase gentiment monstrueuse. "On ne sait jamais" veut dire que tu penses que tu vas utiliser cet objet un jour. Même s'il ne te va plus. Même si il t'envoie de mauvaises vibes. Même si tes intérêts ont changé.

C'est pas terrible ça?

Les types d'objets qui ne te veulent pas du bien (et dont tu ferais mieux de te débarrasser au plus vite)

Alors maintenant qu'on a vu à quel point les "on ne sait jamais" sont généralement à éviter aussi sûrement qu'une glace banane-chocolat en plein mois de Septembre, nous allons voir 3 types d'objets qui généralement les attirent comme des mouches.

Les objets qui t'attachent (façon bad trip) au passé

Revenons au jean Levi's 209 trop petit. Mais que tu gardes en espérant que tu rentres dedans dans pas longtemps, quand tu commenceras ton régime.

L'espoir de maigrir, c'est bien. Mais espérer rentrer dans un vieux jean, c'est se foutre la pression souvent pour rien. 

C'est mettre l'objectif dans un objet et dans une mesure (la taille de tes cuisses et de tes hanches). Alors que l'objectif serait beaucoup plus bénéfique et satisfaisant s'il consistait à être bien dans ta peau. C'est faire un retour en arrière vers une période de ta vie où tu étais plus mince, alors que ta vie est devant toi Sister.

Alors le jean? Viré!

Les objets qui enfouissent profond ta peur de manquer (et entretiennent ses racines)

C'est connu, beaucoup de personnes s'entourent de mille et une choses pour ne pas avoir à penser au vide dans leur vie. Et ce n'est pas pour rien que la tendance minimalisme fait un carton en ce moment dans nos sociétés hyper consommatrices où on est sans cesse assailli par des vagues d'informations qui nous poussent à intéragir / acheter / consommer.

La peur de manquer, c'est parfaitement compréhensible. La peur d'être en face d'un immense vide béant en ce qui concerne le sens de la vie, c'est putain normal. Tous les minimalistes te le diront (y compris moi, qui le pratique de façon flexible), se débarrasser d'objets, ça fout les jetons et ça met un malaise. Parce qu'on ne peut plus se cacher les questions importantes derrière le dernier iphone qui vient de sortir.

Alors s'entourer d'objets cool et qui rassurent, pourquoi pas. Comme ton porte-clé acheté sur un marché de Hawai qui te permet de te calmer quand tu rencontres la voisine du dessus en rentrant chez toi (et qui beugle encore que ton chat a aplati ses parterres de géranium).

Mais à la fin, il ne faut pas te leurrer Sister.

Garder un objet uniquement parce que tu as peur de manquer, c'est comme se mettre un voile bien opaque devant les yeux en espérant que le tigre qui est juste devant toi ne te verra pas. Pas de chance Sister, le tigre te voit et veux te bouffer. Même chose avec ton sentiment de manque. Même avec tous les objets du monde autour de toi, ton sentiment de manque est là et te le fera savoir. Un jour ou l'autre.

Les objets pernicieux qui te foutent la pression quand tu ne les utilises pas

Finalement, le 3ème type d'objets qui entretiennent des espérances nuisibles sont ceux que tu relies à des expériences ou des émotions positives passées, de façon unilatérale. 

Je m'explique.

Et on reprend la boite de pastels comme exemple.

Imagine qu'il y a 15 ans tu étais hyper créative en réalisant des dessins géniaux. Tu en retirais beaucoup de satisfaction, de good vibes et de moments de flow hyper stimulants.

15 ans ont passé, tes intérêts ont changé et tu n'es plus trop fan de pastel ou de dessin. Mais le problème, c'est que tu associes toujours ta créativité à tes crayons de pastel. Et qu'en gardant tes crayons de pastel, avec un "on ne sait jamais" dans un coin de ta tête, tu espères retrouver les super sensations que tu as eu en dessinant.

L'espérance de retrouver des super sensations, c'est bien.

Mais en avoir c'est mieux.

Si tu sens que tes crayons te limitent car tu associes ta créativité au dessin exclusivement, et que tu t'empêches de créer autrement car tu as déjà "ça" à réactiver, alors c'est peut-être le moment de t'en séparer.

Comment passer de la dictature des objets au design environnemental

Comme on vient de le voir, les objets peuvent être très pernicieux, et sans avoir fait un cours de psy, j'espère que tu as pu sentir à quel point ils sont chargés d'un tas de sentiments, d'émotions, d'associations d'idées, de croyances. Ça peut être super cool une fois que tu maîtrises le truc pour t'entourer d'un environnement positif. C'est le principe même du design environnemental.

Mais quand ces objets te mettent 24/7 sous les yeux des fausses espérances qui t'empêchent d'avancer et que tu leur deviens soumises, c'est pas bon du tout, Sister.

Ne laisse jamais un objet dicter ce que tu dois faire. Ça parait un peu space de dire ça mais c'est pourtant rempli de bon sens. Les objets sont destinés à êtres utiles parce que tu choisis de les utiliser. Pas parce qu'ils t'imposent par leur seule présence des les utiliser.

Si en les regardant, tu te dis "il faut que je les utilise", ils ont le pouvoir sur toi.

Si en pensant à t'en séparer, tu finis par un "on ne sait jamais", ils sont en train de t'hypnotiser version Kaa dans Mowgli et tu as intérêt à réagir rapidement.

Maintenant, je ne te dis pas de tout jeter version 17 sacs poubelles devant la porte et 1300 objets à vendre sur ebay. 

Mais de faire attention à la façon dont tu remplis ton espace privé. Si tu veux des conseils pratiques, va voir cet article sur les 3 types d'objets à garder chez soi.

Et la prochaine fois où tu te surprends à dire "on ne sait jamais", demande-toi ce que tu as voulu dire par là. Ce qu'il y a derrière. Même si c'est flippant. Même si ça te fout mal à l'aise.

Si tu fais cela régulièrement, tu seras surprise à quel point tu deviendras plus libre, plus assertive, plus confiante et plus #badass.

En disant fuck à des objets qui t'entraînent vers des fonds putrides, tu auras fait un pas hyper important dans ta rebellion et dans ton affirmation. La rebellion contre les "il faut" et "je devrais". Et l'affirmation de tes vrais espoirs, de tes putains de beaux crazy rêves, de ton identité et de la couleur/vibe que tu veux donner à ton avenir.

xoxo
Claire
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