Comment dialoguer avec ton petit monde de frustrations, de doutes et de moments difficiles

Écrit par Claire

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Parlons marathon. Parlons big challenges. Parce que tu ne le sais peut-être pas encore, Sister, mais en tant que guerrière, en tant qu'amazone qui défie les triples calendriers les plus chargés, qui ne se défait pas devant le cauchemar de la dernière qui t'a fait veiller toute la nuit juste avant TA présentation de l'année devant toute l'entreprise, et bien, oui, Sister,

tu es aussi une marathonienne.

Une pro de l'endurance.

Si tu décides de gouverner ton petit monde de frustrations, de doutes et de moments difficiles au lieu de se faire gouverner par lui.

Je le sais, car j'ai aussi un petit monde chez moi. En fait, même un assez grand. Avec monsieur frustration, mademoiselle t'es pas assez, madame perfectionniste qui me fait procrastiner comme une dingue (mais qui m'a fait écrire un super article où tu trouveras 47 solutions pour arrêter de procrastiner), et enfin les jumeaux doute et incertitude. Et bien malgré son patrimoine génétique assez chargé, ce petit monde ne m'empêche pas (ne m'empêche plus) d'être endurante.

Donc, je te le dis, Sister, toi et moi, on est des marathoniennes.

Si tu es là depuis assez longtemps, tu dois savoir que j'adore les ultra-runners et la course en général. Là, alors que je t'écris, il est 7h du matin et je viens d'enfiler ma tenue pour aller faire des intervalles une fois que les filles seront à l'école.

Mais tu vois le truc, c'est que je vais avoir mes règles. Et que dans ces cas-là, je me transforme la plupart du temps en monstre qui se tient le bas du ventre, les cheveux en bataille, en regardant de travers quiconque ose me regarder un tant soit peu de travers et en criant à la lune à chaque anicroche.

Alors je me suis demandée sérieusement si j'allais vraiment me lancer sur la piste avec des douleurs. Et si... "ça se faisait."

Quand on se sent pas bien, on est sensé se reposer, non?

Et bien, non. Pas toujours.

J'ai lu il n'y a pas longtemps un livre d'Haruki Murakami dont j'apprécie l'univers poétique et fantastique, livre intitulé "autoportrait de l'auteur en coureur de fond."

Outre que c'est admirablement écrit, HM y décrit ses courses marathoniennes comme des sortes de vagues alternatives de moments terribles, où le corps gronde et rien ne va plus, et des moments de pur bonheur contemplatif, sans aucune friction. Le flow pur.

Si dans les moments où son corps crie la douleur, HM s'était demandé "si ça se fait" de continuer, parce que quand on se sent pas bien, on est sensé se reposer, non?

Et bien, il n'aurait tout simplement pas continué. En fait, il n'aurait jamais fait de marathon.

C'est bien simple, le marathon n'existerait pas.

Et bien, c'est la même chose avec tous tes projets, Sister, tes projets de vie, tes projets fous et crazy.

Il y a des moments où tu vas pas te sentir bien. Pas du tout du tout. Tu vas te sentir frustrée, rongée de doutes, laminée. Parce que le projet ne donne pas les résultats escomptés, que tu ne vois aucun progrès... Et que du coup tu te demandes si ça vaut la peine de continuer.

Alors je te le dis une bonne fois pour toute : le fait d'éprouver parfois de grandes difficultés, des frustrations de dingue, que ce soit dans un BIG projet ou dans ta vie en général, c'est tout à fait ok.

Pas la peine de tout foutre en l'air.

De faire valser le projet et l'envoyer sur la lune.

Pas la peine de prendre cela comme un stop définitif, un signal rédhibitoire qui te montre que ton projet est sur la mauvaise pente.

Pas la peine d'abandonner, Sister.

C'est juste un signal. Et avant de ruer des 4 fers en l'air, fais comme les marathoniens: dialogue.

Quand Hakuri Murakami sent que son corps est à 2 doigts de lâcher au 25ème kilomètre, il ne s'arrête pas, mais il dialogue.

Il dialogue sacrément.

  • Il fait un checkup pour voir si rien de grave (comme une déshydratation) n'arrive.
  • Il demande à son corps de le porter encore quelques kilomètres.
  • Il l'entraîne à supporter un peu plus et entraîne son mental par la même occasion.
  • En contre-partie, il le nourrit de gels en barre, d'électrolytes, et lui promet une bonne récupération du feu de dieu les jours après la course.

Il dialogue.

Mais il continue.

Et le moment sacré où il fait UN avec le monde arrive.

Et un autre moment de souffrance arrive.

Et un moment de pure bénédiction suit.

Et ainsi de suite.


Jusqu'à atteindre les 42,195 kilomètres.


Eh bien, c'est la même chose avec toi, Sister. Quand ça part en vrille, dialogue.

Dialogue avec ton petit monde. Avec monsieur frustration, madame doute ou mademoiselle j'y arriverais pas:

  • Fait un checkup de tes objectifs et des actions que tu mets en place. Check ton planning pour voir s'il ne te mène pas droit vers le burnout. Lis cet article qui te parle de la méthode Deep Fly pour gérer n'importe quel problème de manière écologique et durable.
  • Demande à tes doutes de te laisser la roue libre encore quelques jours et passe outre l'envie d'abandonner.
  • Tu entraînes ainsi ton mental à aller un peu plus loin.
  • En contre-partie, prends le temps de lâcher-prise. Exprime tes frustrations, danse sur un son de trip-hop toute nue à la pleine lune, crie à tue-tête et déroule ton meilleur direct sur un sac de boxe.

Tu peux aussi peut-être vouloir laisser ton projet de côté pour quelques jours, faire des tâches sans importance ou continuer à fond.

Peu importe.

L'important, c'est que tu ne prennes pas une crise comme un signal d'abandon.

C'est le principe même de l'endurance. Ne pas abandonner à la moindre frustration. Au moindre sentiment d'échec. Au moindre obstacle.

La semaine dernière, nous avions parlé motivation. C'était le premier effet kiss-cool: N'attends pas que ta motivation se pointe pour faire les choses. Just do it.

Aujourd'hui, c'est le deuxième effet kiss-cool: Ne te laisse pas mener le bout du nez par tes frustrations passagères. Tiens le coup. Et gère la barre.

Généralement, tes frustrations, tes doutes, tes moments hyper dark parce que ça avance pas, et bien ils passent.

Et généralement, tu en sors grandie.

Regarde cette vidéo qui te montre que des hauts et des bas, et ben... ça va plus vite que la ligne droite et plate.

Elle me bluffe à chaque fois, cette vidéo. Ouaip, c'est ça l'endurance! Ne pas s'arrêter dans le fond de la vallée parce que on a descendu 1000 mètres en moins de 5 minutes et on a peur avec cette allure de se retrouver en enfer en moins de deux. Ne pas s'arrêter dans la montée parce que l'allure tortue que tu empruntes, et ben c'est pas le rythme que tu avais en tête pour ton projet triple star.

Alors je te vois venir, Sister. Tu vas me demander: Et si elles ne passent pas mes frustrations? Si je reste au point mort? Et que je m'enfonce de plus en plus?

Et bien tu sais quoi ? Ce n'est pas non plus un drame. C'est au contraire une très bonne opportunité de montrer ton côté rebelle. Et de te connaître un peu plus.

Je t'en parle dans cet article.

Bonne fin de semaine Sister!

xoxo
Claire

PS: J'ai finalement été courir sous une pluie fine. Je ne savais pas comment mon corps allait réagir alors j'ai testé doucement puis un peu plus rapidement. J'ai fait au final une super session d'intervalles. Les douleurs sont passées comme par enchantement. Body Happy. Mind Happy. I'm Happy. 🙂

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